Profil en philanthropie

Marlene Gerson avec Josef & Miriam Glasrot
Note de la rédaction : La constitution d’un héritage est un processus de longue haleine qui s’échelonne sur de nombreuses années. Depuis près de 40 ans, la Fondation a le privilège de tisser des liens d’amitié durables avec plusieurs de ses donateurs qui ont bien voulu nous raconter l’histoire de leur vie et nous faire partager leur rêves pour leur communauté. Sous ces héritages qui demeurent, se cachent des personnes que nous aimerions de temps à autre vous présenter, notamment grâce à des reportages ou des entrevues réalisés de leur vivant.
Josef et Miriam Glasrot z’’l faisaient partie de ces personnes d’exception. Lorsque Josef nous a quitté récemment, nous avons senti que le moment était venu de rappeler leur histoire…
Miriam et Josef Glasrot
Une vie entière placée sous le signe de l’amour et du don de soi
Mars 2000… après 59 années de mariage, Miriam et Josef Glasrot nagent toujours en pleine lune de miel. Une véritable aura d’amour et de complicité se dégage de ce couple, dont la vie est remplie de souvenirs partagés, pour la plupart inexprimables. Ils ont connu les horreurs de l’Holocauste – ils ont tous deux fui pour sauver leur vie, perdu pratiquement tous les membres de leur famille, puis recommencé à zéro.
Josef
Glasrot (originaire de Varsovie) et Miriam
Blacher (originaire de Vevis) se sont mariés en 1941. Josef se rappelle clairement de la création du ghetto de Kovno, où il faisait de la contrebande de pièces détachées de machines provenant de l’usine où lui et Miriam travaillaient pour survivre, et de leurs nombreuses tentatives d’évasion échouées.
Un jour de juillet 1944, ils ont quitté leur travail à la fin de la journée et n’y sont plus jamais retournés. Après s’être cachés dans la Forêt Vierge, ils ont réussi à prendre la fuite pour commencer une nouvelle vie.
À leur arrivée à Halifax en 1949 avec leur fille Naomi, âgée d’à peine deux ans et demi, la JIAS a remis aux Glasrot la somme de 10 $, et ils ont embarqué à bord du train de nuit en direction de Montréal. Avec seulement deux wagons d’équipements qu’il avait fait venir d’Allemagne, Josef a fondé l’entreprise A & G Fabrics, dont il a été le propriétaire jusqu’en 1983.
En 1982, les Glasrot ont établi le Fonds commémoratif de la Famille Blacher-Glasrot au sein de la FCJ. Cette année-là, les revenus générés ont servi à financer un guide d’enseignement sur l’Holocauste. En 1994, ils ont créé une bourse d’études annuelle en technologie du tricotage, destinée au Shenker College à Ramat Gan, en Israël. Cette année, le fonds offrira une bourse d’une valeur de 1 000 $ pour des études sur l’Holocauste.
Aujourd’hui, les réunions familiales consistent en une conférence téléphonique hebdomadaire entre Israël et la Floride pour garder le contact avec leurs 2 filles et leurs 3 petits-enfants. Les Glasrot sont animés d’une même philosophie : ne jamais prendre un seul jour pour acquis et toujours se souvenir du destin qu’ils ont partagé.
« Lorsque vous vivez sur le fil du rasoir,
vous faites naturellement tout ce qui est
en votre pouvoir pour survivre.
Et lorsque vous survivez, vous savez
qu’au bout du compte,
il y a une raison à cela. »La
bourse Famille Blacher-Glasrot pour les études sur l’Holocauste compte parmi les douzaines de fonds de bourses d’études pour lesquelles la période de candidature est actuellement ouverte.
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